La différence.

Je viens de découvrir Hugo Horiot (- j’en reparlerai quand j’aurai lu son bouquin!).

Ecrivain, comédien, il est passé dans de nombreux médias il y a peu, à l’occasion de la journée de l’autisme. Après avoir écouté son témoignage sur le Grand Journal, j’en ai cherché d’autres, et ai trouvé celui que le Figaro a publié :

«Je pense qu’elle croit que je suis un enfant. Je ne suis pas un enfant même si je leur ressemble (…) Ici, je suis coupé du monde et de l’infini.»

Une citation de son livre « L’empereur, c’est moi » (réponse au livre que sa mère lui avait dédié : « Le petit prince cannibale »). Conclusion d’un paragraphe, c’est une porte qui s’ouvre dans ma poitrine et ma tête.

Ce petit mur, je l’aime bien. Il y a toujours ces créatures rouges qui bougent dessus. Elles ressemblent à des points. Comme si quelqu’un avait piqué à plusieurs reprises la pierre avec un stylo rouge, et avait rendu vivants les morceaux d’encre et de sable.

Parfois, il n’y en a pas beaucoup. Une fois, ils étaient quarante-deux. Enfin, je crois. Elles bougent beaucoup, ces choses. Elles bougent vite, surtout. Et moi, je me sens à la fois toute grande, et toute petite. Toute grande, parce que même le bout de mon doigt est plus gros que cinq d’entre elles. Toute petite, parce que je sais que personne ne me voit là, la tête posée sur mes bras allongés sur le mur.

Il n’y a que nous. Dans une bulle que personne ne peut briser. Que personne n’a jamais brisé.

J’ai toujours été seule quand j’étais avec elles.

Jamais l’on ne m’a interrompue, pourtant, cela semblait souvent durer des heures. J’en passais des après-midis, parfois quelques minutes, pour les saluer. C’était mon secret à moi. Comme ces cabanes qu’on construit au fond du jardin. Comme quand on s’abrite derrière des troncs d’arbre pour se cacher. Sauf que mon mur à moi, il était près du rond-point, entre deux maisons, à l’entrée du lotissement au fond duquel j’habitais. Pourtant, j’étais vraiment inaperçue.

Imperceptible, je disparaissais en une brise, et revenait quand une autre s’évanouissait contre mes cheveux.

Ces amies-là, je ne les oublie pas. Il m’arrive de ne pas y penser. Il m’arrive d’y penser. Il m’arrive de les sentir. Il m’arrive de les revoir là, juste devant moi. Il m’arrive de les entendre aussi. J’aimais leur son. Presque silence, on ne les entendait que dans ma bulle à moi.

Une dernière pensée : peut-être que mon corps tout entier se souvient de ce monde minuscule et grand à la fois. Peut-être que c’est lui que mes oreilles entendent encore. Peut-être que c’est lui que mes yeux voient toujours. Et cette senteur.  J’y crois. Non, plutôt, je le sais, ce n’était pas moi enfant, là-bas près du mur.

C’est encore et toujours moi.

Toujours la même âme dans ce corps qui s’enbulle quand il le veut.

Toutes ces descriptions, ces explications brièvement racontées dans cet article. J’ai l’impression de comprendre. D’y voir comme une logique imparable.

« Ainsi, c’est pour entendre battre le cœur de la Terre qu’il passait tant de temps sous les lavabos, l’oreille collée aux tuyaux. »

Bien sûr, que pouvait-il bien faire sinon, l’oreille contre le tuyau ? Petite fille voyait le coeur de la Terre, pourquoi petit garçon ne pourrait-il pas l’entendre ? Je respire un coup. Les sensations reviennent. Cette paix que j’avais en découvrant la Terre. Comme de vieilles retrouvailles, je savais où chercher pour y retrouver des choses oubliées.

J’étais bien plus sage qu’aujourd’hui. J’essaie de la retrouver. Je sais que je suis toujours là, je ne me fais pas de souci. J’ai confiance en la lune et les étoiles, le jour, je sais qu’elles sont toujours là, que je les retrouverai le soir. Le mien ne va pas tarder.

Je suis une sorcière nue au clair de lune.

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Over Rover

J’ai découvert Rover grâce à l’une des nombreuses émissions de Ruquier, j’ai nommé : On n’est pas couché. Quelques jours auparavant, j’avais donc entr-entendu un morceau de Aqualast, la première piste de ROVER (l’album ainsi éponyme). Un air de mélancolie, plutôt triste, accompagné d’un clip aux couleurs froides, visage écorché et aux corbeaux morts, bref, tout ce qui ne m’attire habituellement pas.

Pourtant, la musique m’avait déjà un peu plu lors de la première écoute, à la fois admiratrice du mode d’enregistrement d’album de Rover (soit, enfermé dans une grande bâtisse en Bretagne, seul maître à bord de tous les ingrédients), et charmée par le grain de voix du bonhomme. De sa voix de tête à sa voix de poitrine, celle qui se balade dans les graves et celle qui s’envole dans les aigus, et puis, cet écorchement qui (n’a rien à voir avec celui des chanteuses pop qui veulent « donner de l’effet à la voix ») nous fait serrer le coeur à chaque fois.

Pendant l’album, on se laisse transporter par de nombreuses chansons sombres, douces et sophistiquée comme Aqualast et Silver, ou d’autres plus pop électro façon Remember et Tonight. On y sent alors toujours un côté rock anglo-saxon, qui m’a touché plus particulièrement dans les pistes bonus Father I can’t explain (avec un son de guitare à la Dire Straits) et Lonely Man (que le rythme et la guitare m’ont fait penser à Bob Dylan).

Ce que Rover a de spécial, c’est cette capacité à faire des musiques variées mais toujours de façon si sincère, que l’on y retrouve à chaque fois sa patte artistique sans se lasser de lui. Sa musique paraît à la fois simple et complexe, ses harmonies sont parfaites et nous transportent dans son univers avec facilité et bienveillance. Peu habituée à l’écoute de ce style de musique et de ces sonorités, j’avoue ne pas trop savoir si je viens de me découvrir de nouveaux goûts, ou si Rover est un véritable coup de coeur.

Au final, c’est un artiste qui anime les instruments de sa pure énergie, et l’on ressent toujours une présence invariable dans l’album : on y reconnaît un seul Être, ses mille facettes et mille caractères s’exprimant à travers des chansons à la fois différentes et toutes en accord avec lui. Une sincérité qui lui donne tout bon !

(J’en profite pour faire de la pub pour le superbe magazine internet Madmoizelle.com, qui avait fait une session acoustique avec Rover avant qu’il ne parte enregistrer son album)

Love in silence.

Je crois que j’en suis tombée amoureuse quand j’ai vu la partie la plus silencieuse de son âme.

Derrière ces mouvements fluides et d’une cohérence incroyable, j’avais entrevu quelque chose de si profonde qu’elle ne pouvait s’exprimer en mots. Elle vivait en chaque partie de son corps et parvenait à les animer d’une énergie mystérieuse. J’étais restée là, assise devant la place, le regard fixe vers cet homme qui dansait silencieusement. Parvenant à peine bouger consciemment, même mes idées semblaient incontrôlables et désespérément  volatiles.

Durant un long moment, je crois même avoir cessé de penser. Hypnotisée par ce corps, quelque chose remuait en moi sans que je ne puisse comprendre ce que c’était.

J’ai cherché comme une folle la source de cette force, et finalement, je me suis dit que si l’esprit ne se montrait pas, c’était parce que je le cherchais précisément. C’est quand je me suis laissée emporter par son voyage intérieur que j’ai perçu l’Energie. Puissante, d’un vert d’eau embrasé par un rouge flamboyant, Elle se mouvait avec la même grâce que lui. Tantôt chaude et bouillonnante, elle se reposait parfois, pour éclater à nouveau en vague océanique. Personne n’entendait sa musique, qu’il écoutait et suivait passionnément avec un casque.

Honnêtement, je ne pensais même pas au son qui pouvait accompagner cette danse. 

Ce que je voyais et ressentais suffisait amplement.

 

Il y avait ce gars, sur la place de l’Hôtel de Ville, qui se mouvait dans une sorte de danse contemporaine improvisée, un casque d’écoute léger sur les oreilles. Parfois, il s’arrêtait de danser pour faire des mouvements de Tai Qi, que je reconnaissais par moment (les figures étaient présentes dans la Forme Yang en 24 mouvements, mais ce n’était pas exactement celle-ci), d’autres fois, c’était pour aller boire un peu d’eau à la fontaine, ou pour parler avec des passants. Il indique quelque chose à une jeune fille, j’entends la voix féminine de loin, mais je ne connaîtrai jamais son propre son. Il sourit à une petite fille qui le regarde. Il continue de danser malgré les bruits de l’extérieur et les passants qui ne le voient pas ou s’arrêtent quelques secondes. Cet état ne m’est pas inconnu. Tout en conscience, il fait partie du monde. Jamais perturbé dans ses mouvements, il interagit quand il le veut avec l’extérieur, et n’est jamais dé(con)centré. Je l’aime bien. J’en ai un coup de foudre. Il est paisible, son sourire est sincère, et lorsqu’il fait ses mouvements dans ma direction, je sens comme des vagues d’énergie voler vers moi. Sa danse est touchante, je ferme les yeux. Il est pieds nus, et n’a pas honte de sa présence insolite ici. J’aime ses pieds. Ils frottent, frôlent, tapent le sol, et j’écoute leur valse avec délice. Moi qui ai toujours du mal à apprécier cette partie des corps, je n’arrive à m’en détacher qu’en regardant ses jambes, son torse, ses bras, ses mains, et puis, tout. Pour la première fois, j’aime un corps physique en entier, et alors, son aura m’apparaît. Ce bleu mer et ce rouge feu se mêlent et se démêlent avec tendresse et passion au rythme de sa danse. Grande, majestueuse et imposante, elle ne m’impressionne que par sa beauté, et c’est comme si je la reconnaissais. Elle ne m’intrigue pas, mais me fascine. Soudain, le déblocage. Le premier mot frappe à ma porte, je m’empresse de poser mon stylo sur le papier, et le laisse glisser dessus. Oui, j’en suis tombée amoureuse dans le plus beau silence de la Terre.

The power of thoughts.

[My little brother ❤ .

If the wood is a thought, the river is Life answering to it.

Make good waves with good wood !]

Last week, I went to my favourite bookstore in Paris. Well, it’s not like it was a great piece of news, because almost everytime I go to Paris, I take a look at the new arrival of books in this shop. It’s between the Cathedrale and Saint Michel, and I love this area of the city. There is something in the air (don’t say « pollution », really, please…), that makes me feel relax. I start from the town hall, then I pass by Notre-Dame, enter in the bookshop, go out of it a hour later, walk by the Seine, lose myself in the little streets, find pretty little art galleries, and take the subway at the Luxembourg park if I’m lost enough to arrive there. I can spend a whole afternoon just walking and exploring the town. The more I know it, Paris seems to be bigger and bigger. That’s quite convenient as I don’t like it when I can’t discover places anymore. I think I have time until I’ve seen every street in Paris !

So, I was talking about that bookstore I love. It’s an « esoteric » one, with a few themes as Angels, Tarot, Wicca, Meditation, Astrology, Channelling, and so on, but there are a lot of personal development books. You can find what you need to read to become more confident, more persuasive, more « powerful »… I usually pick up some meditation stuffs and some of these last ones. The book I bought the other week is written by an american woman (I’ll remember her name and put it here, don’t cry !). Her writing skills are quite impressive ! In fact, the thing is that she doesn’t write that well, but that when you read it, you’re immediately in a sort of auto-hypnosis state. You don’t really think about what you’re reading, and the substance doesn’t reach your brain, but when you close the book for any reason, you realize something has changed in you. This book doesn’t speak to you, but to something that is even deeper than your thoughts. And, actually, it talks about the power of thoughts. I’ll give you a coarse description, but nevertheless an acurate one : It says that whatever you think and say will one day or another become real. So, if you think you’re not capable of something, or don’t deserve any good event, what will happen is that you will unconsciously stop yourself, and ruin all your chances to earn or win anything ! The great news is that the contrary is also right : if you think you can do it, and that you deserve that something good happens to you, it will ! People who are rich, successful, live in a real Abundance of everything have this richness, successfulness, abundance in their mind all the time.

She says that if you say some affirmations with conviction and faith, these ones will be effective. « I have a great luck today ! » « Something good will happen to me today, in a suprising way ! ». Those are affirmations that will give you the happiness you need to see this luck coming. Well, for the worst, if (a big « IF ») nothing happens, at least, you had a big smile on your face all day long, and that, my dear, makes you feel better, and it’s something very precious ! As far as I’m concerned, since I began to read this book, I feel more comfortable in my everyday life, I am less anxious, and my confidence pleased the people I met these last days ! A lot of surprising good, little and big, things happened in a few days, and I couldn’t hope for more for Easter ! Work, inspiration, friendship, personal development, every side of my life has been touched by my confidence in it.

In fact, I discovered the power of thoughts a few years ago. I was a little shy teenager who didn’t like herself. Especially her body. I was « too fat, my skin was awful, I had terrible legs and my face was sooo unpretty ! » And, one day, I really don’t know what happened, what came to my mind, but I remember I started to look at me in the mirror, and just, smile at me. Days passed, and I started to say to myself « I’m pretty ! » « Look at this gorgeous face ! » « You’re beautiful, b*tch ! » « I’m so happy to have this wonderful body ! ». I really looked at my body parts with a new judgement in mind. And, I guessed I believed me. I put a lot of efforts in that, and every year, I see a difference in my relationship with people and myself. This year, I took even more confidence. Whereas in middleschool, I thought I was ugly and the boys didn’t pay attention to me, or only made jokes on me, now, 6 years later, I never heard so many people saying I’m pretty, or giving me their number, I never talked so easily and confidently to anyone, I hesitate so much less talking to strangers, asking someone my way or help, and even ask if they need some. I’ve come a long way since middleschool, and I’m proud of myself. I still have a lot to improve. I still have this shy girl in me, but I work really hard not to be limited by her. I make my best to become the person I want to be. And the more I think positively, the more good things come to me.

Think positive, positive people are attracted by positive people !

This Easter week-end was so good, I have a lot of Love to spread ! Take it and give it to everyone you know ! \o/

Love to everyone, even YOU. ❤

En passant

 

Trois notes surgissent des enceintes si sourdes auparavant.
La foule se soulève, le gars à mes côtés tape dans ses mains et siffle. Il me fait signe de faire de même.
Je lui souris, je voudrais être avec lui, ici.
Mais rien n’y fait. Je ne peux pas.
Je ne peux plus rien faire, rien voir, je ne suis plus là.
Toutes ces vibrations, ces âmes ensoleillées de quelques paroles si mélancoliques et si belles.
La musique m’emporte loin, à des kilomètres au-dessus de nous, quelque part où tout le monde est personne et tout le monde en même temps. Quelque part où ces lumières de projecteurs sont des étoiles, et celles dans le ciel sont simplement nous.
Je ne sens plus les corps qui m’entourent et qui me touchaient, me frôlaient, m’enlaçaient. On est tous là. Nul part ailleurs. Un autre univers s’est juste présenté à nous, il apparaît devant moi, et je peine à le distinguer proprement à travers mes yeux qui se plissent de bonheur. Une main tente de prendre la mienne, mais elle semble passer à travers un fantôme. Je disparais.

Quand j’ouvre mes yeux à nouveau, la musique résonne encore de ses dernières notes. Et toute la magie du moment vient se loger dans mes oreilles, pour que la prochaine fois je ressente à nouveau cette plénitude.

Je n’ai pas vraiment de style de musique préféré, pas non plus de chanteur, de groupe, favoris. Je pensais que les gens qui s’accrochaient à leur « chanson préférée » faisaient preuve de bêtise, à rester plombé par des souvenirs, des paroles, des hymnes qui ne finissent plus de se répéter. Et puis, j’ai entendu cette chanson. C’était à mon premier festival, un de mes premiers vrais concerts. La magie a opéré. J’étais sur un nuage, je ne pouvais pas en redescendre, à chaque fois que j’y pensais, mon coeur et mes cordes chantaient cette mélodie, et tout mon être tremblait à l’entente de ces sentiments qui m’avaient submergés alors. C’est ridicule, c’est juste une chanson, la composition n’est pas spécialement remarquable, et sa voix n’est pas exceptionnelle. Mais, ce jour-là, j’étais ouverte à tout, j’avais découvert un monde que j’aimais et qui m’aimait, et rien n’empêchait ce son unique de venir transpercer ma poitrine une bonne fois. J’ai baissé la garde, je me suis laissée emporter, je n’ai pas veillé, et voilà que le petit feu de camp s’est embrasé de plus belle pour venir me réchauffer de ses langues. On venait de me faire sourire, de me faire oublier qui j’étais censée être, et l’air et la poussière me confiaient toute l’assurance que j’étais en sécurité ici, au milieu de ces étrangers aux langages inconnus. C’est fou ce que des humains peuvent dégager comme auras lorsqu’ils s’unissent en un seul coeur. Battant au rythme d’une caisse, chantant aux vagues d’une voix aérienne, dansant sur un sol dont on n’ignore plus les reliefs. Tout devient à la fois flou et clair, comme un rêve dont le souvenir nous échappe quelques instants pour revenir, signifiant.

Depuis ce soir-là, je reconnais à la première note une de ces oeuvres, et mon coeur se serre et s’ouvre grand à la seconde. J’écoute encore cette chanson. Parfois avec la tristesse que je ressentais avant de la démarrer. Parfois avec une joie qu’elle encourage. Aujourd’hui, une phrase m’a retenue. Elle est arrivée devant moi, présentée aux côtés d’un être cher. J’ai pensé que la douleur arriverait à la suite, sourire jaune aux lèvres, comme toujours. Mais c’est sur les miennes qu’il s’est tracé, aussi rouge qu’une passion trop forte. Le feu et l’eau se sont entremêlés, et, comme cette fois où l’air et la terre nous on fait trembler d’émotion, ils m’ont secouée dans tous les sens. Danse tes émotions pour les célébrer. Il était peut-être temps que je laisse l’eau couler sous le pont Mirabeau, et le feu raviver la vieille confiance enfantine qui s’était éteinte.

Retrouver ce que l’on Est.

Oublier ce que l’on est Censé être.