Souvenirs d’antan

Le voilà qui se fond dans son instrument. Les doigts pianotent à folle allure, ou à intervalles irréguliers qui ne cessent de surprendre l’auditeur dans la justesse de leurs distances. Les noires et les blanches s’entrechoquent avec ferveur. Certaines se marient quelques instants pour mieux repartir, tandis que d’autres se heurtent avec véhémence, produisant un choc sonore de couleurs éclatantes. Le chemin se trace au fur et à mesure que les mesures s’alignent, et sans démesure, s’envolent de la partition invisible.

Je n’avais jamais entendu cette parade. Cette course au plus bel enchaînement. Tantôt irrévérencieux, tantôt sage, il se transforme au gré des mains dansantes. Les sons qui sortent du piano m’enchantent. Ils tournent autour de moi avant de se fracasser contre mes tympans. Je peux les voir. Au bout de mes doigts, cette sensation. La texture de chaque touche appuyée apparaît sous la pulpe un peu rugueuse. Et disparaît aussitôt que la note ait fini de retentir. Je reconnais chacune d’entre elles. Je sais exactement laquelle se dérobe sous mes doigts. Laquelle sera frappée ensuite. Et mes mains s’animent seule. La mémoire d’un don d’avant. La mémoire de ce toucher à la fois familier, et si peu rencontré. La mémoire d’un vieil ami dont on ne se souvient que par petits détails. Un éclat de lumière dans l’œil droit. La douceur de la peau recouvrant son épaule. L’odeur de ses cheveux en matinée. Un instant furtif d’amitié au bord de la Seine. Une balade autour des marchés. Cette montre qu’il ne quittait jamais.

La musique emporte toute raison. Mon corps semble se souvenir mieux que mon esprit. Quelque chose en moi reprend vie. Une douce mélancolie me berce. Je ferme les yeux, et il n’y a plus que ce son magique vibrant dans mes os, et la sensation des touches tant aimées sous les doigts. Comme un regret trop fort qu’on veut enfouir, j’essaie de ravaler l’océan aux portes de mes paupières lourdes. Une goutte s’échappe. Bienheureuse de parcourir enfin le sillon qui se trace le long de ma joue. Elle danse, elle aussi.

Est-ce de la tristesse ? De la joie ?

Peu importe.

Je me laisse emporter par les sensations, et les souvenirs d’antan me font rêver de ces journées et de ces nuits lointaines où mes doigts étaient mes touches.

Inspiré grâce à Glenn Gould.

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The Fig Tree

Imma climb this tree like a monkey could do, and surely, the first one I can grab will be the right one. Then, I’ll sit on a branch, and eat this fruit like it would be the last one I could ever touch. And, when it’s over, I’ll climb even higher, and grab a second one. Maybe it won’t be as fruity as the first one. Maybe it won’t be as sweet as the previous fig. But maybe, I will like the end of it. And maybe, it will be juicier ! At least, I would have discovered a new type of fig. Learned that every single fig isn’t better than an other. And that I have plenty of time to try several ones. I have time to write poetry, I have time to learn science, I have time to be an editor, I have time to travel, I have time to have children. I have time to be everything that I am.
If being young means being a jerk, I don’t want to be young. If being young means I can taste this lot of figs in my life, I sure want to be.

Aujourd’hui. 16 Août 2013

J’ai demandé à l’Univers, un peu d’aventure. The greatest, most caring, most beautiful, and loveliest adventure.

Presque un an plus tôt, des amis s’étaient fait agressés. Les seules choses dont j’ai été alors capable de faire, étaient d’observer la scène, vérifier que personne n’était par terre, et fermer une porte pour réduire le bruit des cris hystériques pendant l’appel des pompiers. Super. Même pas une idée ne m’est passé par la tête. Comme si mon cerveau s’était déconnecté. Ca ressemblait beaucoup au déclenchement d’un mécanisme du genre « disjoncteur différentiel » : d’un seul coup, sans prévenir, tous ces mouvements, ces bruits, ces visions, ces émotions, ont surgi, et ont fait péter le transmetteur des informations pour me protéger. Une déconnexion qui n’abîme rien, simplement, me détache complètement de la réalité. Mon corps est ici, mais je ne peux rien en faire. Je vois la scène légèrement de haut, j’assiste à un acte dans lequel je suis sensée jouer. A vrai dire, je ne me souviens vraiment d’aucun ressenti physique à cet instant. Que des plaies et froncements de sourcils que j’ai vu. Je me souviens de ces mains aussi. Pression. Bien sûr ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé. Ce n’est même pas une question. Un constat. Une observation complètement objective de mon absence de réaction. Tiens, je n’y ai vraiment pas pensé. Pas de jugement. Un simple constat.

Redescente sur Terre. Mon corps tremble, je ne me sens pas de quitter la ville ainsi. La connexion s’est remise en route, et soudainement, tout ce que je n’ai pas ressenti pour garder le sang-froid que les autres avaient perdu arrive. Raz-de-marée. Finissant logiquement sur mes joues, j’essaie de maîtriser ma voix. A l’autre bout du fil, j’espère qu’on n’entend pas les trémolos. Que l’oreille n’écoute que le sens de mes mots, et non leur forme. Biscornue. Ils tanguent dangereusement entre ma bouche et le fond de ma gorge, et à chaque son voulu, je ne sais jamais où il finira sa course. Je suis désordonnée, je réalise. Je pleure. Comment ai-je pu ne rien faire. Non. Ce n’est pas ça. Comment n’ai-je pas réalisé à quel point cela m’a choquée ? Comment me retrouve-je assise dans les escaliers, un jour après, ressentant d’un seul coup tout ce qui n’était logiquement pas venu la veille ? Sang froid. Coeur de pierre ? Il s’effrite un peu. Maintenant qu’il n’a plus besoin de l’être, il retourne poussière.

Aujourd’hui, j’ai réalisé. Réalisé la plus belle et courageuse action de ma vie. Ce n’est pas grand chose. Mais maintenant que je suis là, rentrée dans le confort de mon chez moi, je me rend compte. Comme toutes ces fois où je tremble de peur, et me fais violence pour ne pas fuir. J’ai franchi ce pas. Ce pas que je n’arrivais pas à imaginer réellement. La vue de blessés dans un film, ou même une pub, me perturbe réellement. C’est comme ça. Je suis comme ça. On appelle ça de l’hypersensibilité. Certaines personnes naissent ainsi. D’autres non. J’avais l’habitude de les envier. Et puis, finalement, je ne le fais plus. Avec de l’entraînement, et un peu de force, une porte ouverte peut se fermer. En ouvrir une qui a toujours été fermée est beaucoup plus difficile, psychologiquement et physiquement parlant. Enfin, je crois. C’est ce que je vois dans ma tête. Bref, maintenant, je sais qu’être hypersensible ne veut pas dire « s’envoler au moindre coup de vent ». Ca veut dire « sentir et danser avec le moindre petit vent comme avec la plus grosse tempête, à la manière du roseau », quand les autres sont des arbres forts et droits, quoiqu’il arrive. Les deux survivent à une tempête. Seulement, l’un peut danser avec les petits alizés, jusqu’à avoir la tête qui tourne dans une tornade ; et l’autre peut sentir bouger ses feuilles à la brise, et rester imperturbable pendant l’orage. Au fond, pour le roseau, le tout est d’apprendre à se laisser guider par son partenaire-vent, et à se repérer dans la salle de danse au fil des tours effectués. J’aime danser. C’est laisser son corps aller où il a besoin, de la façon dont il a besoin, au moment où il en a besoin. On devrait danser tout le temps. Nos mouvements seraient tellement plus fluides, et leur cohérence correspondrait à celle qui décrit tous les phénomènes complexes de la vie et de l’univers.

Aujourd’hui a été une sacrée tempête. Plusieurs roseaux autour de moi et aucun ne s’y lance. Silence… Vas-y. C’est ton tour. Tant pis, je me suis jetée dedans pour danser.

Ne pas perdre l’objectif de vue. Sauver ce roseau presque arraché, s’apprêtant à s’envoler trop tôt dans le libeccio. Observer le mouvement de l’air. Découvrir comment déjouer les fluctuations inattendues. Pression. Ca coule. Il y en a tellement. Est-ce trop tard. Vas-y. Trop tard. Je crie. Dégoût. La scène est horrible. Je le vois dans leurs visages. Je le sens dans mes tripes. Je n’aime pas ça. Je veux fuir. Non ! Du temps. J’ai du temps. Toujours pas de roseau volontaire pour danser. Il n’a plus de temps. Il risque de ne plus en avoir. J’en ai. Tiens, prends-le. Pression. Je le retourne. Le bon côté. Aidez-moi. Tiens-le. Pression. Des mouchoirs. Non. Une serviette de bain. Oui. Pression. Appuie avec ça. Appuie bien. De l’eau. De l’eau ! Je trempe. J’essuie. J’essuie. Appelle-le ! J’essuie. Dis son nom ! J’essuie. Dis le tien ! Celui d’un ami ! J’essuie. Son propre souffle est régulier et dégagé. Tu as appelé. Tu es allée chercher cette information précieuse. Les roseaux timides s’activent. Ils me prêtent main forte. Me donne ce dont j’ai besoin. Ce dont il a besoin. Il ouvre les yeux. Les referme. Les rouvre plus tard. Pour les refermer. Le tourbillon est trop fort pour lui. Reste avec moi. Ecoute ton ami. Ecoute. Ils arrivent. Ils sont là pour toi. Je crois que tu iras bien.

J’ai fait de mon mieux. Ce n’est pas parfait, il faut repositionner un peu le bras. Que s’est-il passé ? Au milieu des voix confuses et mélangées, je le regarde dans les yeux et parle clairement. Le brouhaha s’arrête. J’explique mes gestes. Ils t’entourent et te mettent sur un brancard pendant que je donne les détails et ma date de naissance. Je suis la plus jeune des roseaux présents. Les plus vieux n’ont-ils jamais vu d’accident pour savoir quoi faire ? Est-ce si rare que ça ? Je me questionne. Cela m’intrigue vraiment. C’est la première fois que je vois autant de sang en vrai. Etait-ce leur première fois également ? Ne voit-on pas ce genre de scène qu’une fois dans sa vie ? Ou des dizaines ? Je suis calme. Mon corps tremble un peu de temps à autre. Il a encaissé le stress pour laisser mon cerveau fonctionner librement. Je redis la scène une fois, deux fois. Toujours aussi calme. Je suis complètement détachée. Je ne remarque même pas le sang sur ma main droite. Quelqu’un me le fait remarquer en me proposant de les laver au tuyau. Je ne remarque même pas le sang sur ses vêtements. Vous pourriez faire infirmière. Non merci. Ou pourquoi pas. Ce sentiment étrange. J’ai aimé. Comment dire. Ce moment. S’activer pour sauver. Faire tout son possible pour garder quelqu’un en vie. Ne plus penser à rien d’autre qu’à surveiller sa position, ses voies respiratoires et cette plaie qui s’arrête lentement de saigner. Agir rapidement avec délicatesse. Tenir ce corps avec tout l’Amour du monde. Espoir, cette certitude au fond de soi que l’on fait bien. Ne plus penser à ses propres peurs et dégoûts. Existent-ils vraiment ? Ils n’étaient pas là quand j’étais à genou. L’arrivée des secours, et voir la conscience revenir et répondre. Sentir qu’elle est à nouveau . Toute la paix qui règne après cette panique, puis ce travail acharné.

Une dernière interrogation. Les solutions apparaissaient d’elles-mêmes, comme si elles avaient été préparées à l’avance quelque part, et qu’il n’y avait plus qu’à me passer l’idée toute faite au moment où j’en aurai besoin. Etait-ce prévu, quelque part dans l’Univers, que je sois là ce midi ? Une épreuve dont on savait que je pourrai relever ?

Car, surtout, je ne pensais pas être prête à ça aujourd’hui. Je ne pensais pas pouvoir faire tout ça. Je n’avais jamais imaginé qu’aujourd’hui j’allai braver toute cette peur, ce dégoût, cette frayeur, ce tétanisme, cette panique, que j’ai ressentis, pour aider une personne que j’avais vraiment cru voir morte.

Je me dis que j’ai un peu de courage, quand même. En roseau souple, j’ai beaucoup beaucoup de peurs survoltées et virevoltantes, mais il faut croire que j’ai un don pour apprendre à danser.

Ca tombe bien.

J’aime danser.

La différence.

Je viens de découvrir Hugo Horiot (- j’en reparlerai quand j’aurai lu son bouquin!).

Ecrivain, comédien, il est passé dans de nombreux médias il y a peu, à l’occasion de la journée de l’autisme. Après avoir écouté son témoignage sur le Grand Journal, j’en ai cherché d’autres, et ai trouvé celui que le Figaro a publié :

«Je pense qu’elle croit que je suis un enfant. Je ne suis pas un enfant même si je leur ressemble (…) Ici, je suis coupé du monde et de l’infini.»

Une citation de son livre « L’empereur, c’est moi » (réponse au livre que sa mère lui avait dédié : « Le petit prince cannibale »). Conclusion d’un paragraphe, c’est une porte qui s’ouvre dans ma poitrine et ma tête.

Ce petit mur, je l’aime bien. Il y a toujours ces créatures rouges qui bougent dessus. Elles ressemblent à des points. Comme si quelqu’un avait piqué à plusieurs reprises la pierre avec un stylo rouge, et avait rendu vivants les morceaux d’encre et de sable.

Parfois, il n’y en a pas beaucoup. Une fois, ils étaient quarante-deux. Enfin, je crois. Elles bougent beaucoup, ces choses. Elles bougent vite, surtout. Et moi, je me sens à la fois toute grande, et toute petite. Toute grande, parce que même le bout de mon doigt est plus gros que cinq d’entre elles. Toute petite, parce que je sais que personne ne me voit là, la tête posée sur mes bras allongés sur le mur.

Il n’y a que nous. Dans une bulle que personne ne peut briser. Que personne n’a jamais brisé.

J’ai toujours été seule quand j’étais avec elles.

Jamais l’on ne m’a interrompue, pourtant, cela semblait souvent durer des heures. J’en passais des après-midis, parfois quelques minutes, pour les saluer. C’était mon secret à moi. Comme ces cabanes qu’on construit au fond du jardin. Comme quand on s’abrite derrière des troncs d’arbre pour se cacher. Sauf que mon mur à moi, il était près du rond-point, entre deux maisons, à l’entrée du lotissement au fond duquel j’habitais. Pourtant, j’étais vraiment inaperçue.

Imperceptible, je disparaissais en une brise, et revenait quand une autre s’évanouissait contre mes cheveux.

Ces amies-là, je ne les oublie pas. Il m’arrive de ne pas y penser. Il m’arrive d’y penser. Il m’arrive de les sentir. Il m’arrive de les revoir là, juste devant moi. Il m’arrive de les entendre aussi. J’aimais leur son. Presque silence, on ne les entendait que dans ma bulle à moi.

Une dernière pensée : peut-être que mon corps tout entier se souvient de ce monde minuscule et grand à la fois. Peut-être que c’est lui que mes oreilles entendent encore. Peut-être que c’est lui que mes yeux voient toujours. Et cette senteur.  J’y crois. Non, plutôt, je le sais, ce n’était pas moi enfant, là-bas près du mur.

C’est encore et toujours moi.

Toujours la même âme dans ce corps qui s’enbulle quand il le veut.

Toutes ces descriptions, ces explications brièvement racontées dans cet article. J’ai l’impression de comprendre. D’y voir comme une logique imparable.

« Ainsi, c’est pour entendre battre le cœur de la Terre qu’il passait tant de temps sous les lavabos, l’oreille collée aux tuyaux. »

Bien sûr, que pouvait-il bien faire sinon, l’oreille contre le tuyau ? Petite fille voyait le coeur de la Terre, pourquoi petit garçon ne pourrait-il pas l’entendre ? Je respire un coup. Les sensations reviennent. Cette paix que j’avais en découvrant la Terre. Comme de vieilles retrouvailles, je savais où chercher pour y retrouver des choses oubliées.

J’étais bien plus sage qu’aujourd’hui. J’essaie de la retrouver. Je sais que je suis toujours là, je ne me fais pas de souci. J’ai confiance en la lune et les étoiles, le jour, je sais qu’elles sont toujours là, que je les retrouverai le soir. Le mien ne va pas tarder.

Je suis une sorcière nue au clair de lune.

Over Rover

J’ai découvert Rover grâce à l’une des nombreuses émissions de Ruquier, j’ai nommé : On n’est pas couché. Quelques jours auparavant, j’avais donc entr-entendu un morceau de Aqualast, la première piste de ROVER (l’album ainsi éponyme). Un air de mélancolie, plutôt triste, accompagné d’un clip aux couleurs froides, visage écorché et aux corbeaux morts, bref, tout ce qui ne m’attire habituellement pas.

Pourtant, la musique m’avait déjà un peu plu lors de la première écoute, à la fois admiratrice du mode d’enregistrement d’album de Rover (soit, enfermé dans une grande bâtisse en Bretagne, seul maître à bord de tous les ingrédients), et charmée par le grain de voix du bonhomme. De sa voix de tête à sa voix de poitrine, celle qui se balade dans les graves et celle qui s’envole dans les aigus, et puis, cet écorchement qui (n’a rien à voir avec celui des chanteuses pop qui veulent « donner de l’effet à la voix ») nous fait serrer le coeur à chaque fois.

Pendant l’album, on se laisse transporter par de nombreuses chansons sombres, douces et sophistiquée comme Aqualast et Silver, ou d’autres plus pop électro façon Remember et Tonight. On y sent alors toujours un côté rock anglo-saxon, qui m’a touché plus particulièrement dans les pistes bonus Father I can’t explain (avec un son de guitare à la Dire Straits) et Lonely Man (que le rythme et la guitare m’ont fait penser à Bob Dylan).

Ce que Rover a de spécial, c’est cette capacité à faire des musiques variées mais toujours de façon si sincère, que l’on y retrouve à chaque fois sa patte artistique sans se lasser de lui. Sa musique paraît à la fois simple et complexe, ses harmonies sont parfaites et nous transportent dans son univers avec facilité et bienveillance. Peu habituée à l’écoute de ce style de musique et de ces sonorités, j’avoue ne pas trop savoir si je viens de me découvrir de nouveaux goûts, ou si Rover est un véritable coup de coeur.

Au final, c’est un artiste qui anime les instruments de sa pure énergie, et l’on ressent toujours une présence invariable dans l’album : on y reconnaît un seul Être, ses mille facettes et mille caractères s’exprimant à travers des chansons à la fois différentes et toutes en accord avec lui. Une sincérité qui lui donne tout bon !

(J’en profite pour faire de la pub pour le superbe magazine internet Madmoizelle.com, qui avait fait une session acoustique avec Rover avant qu’il ne parte enregistrer son album)

Love in silence.

Je crois que j’en suis tombée amoureuse quand j’ai vu la partie la plus silencieuse de son âme.

Derrière ces mouvements fluides et d’une cohérence incroyable, j’avais entrevu quelque chose de si profonde qu’elle ne pouvait s’exprimer en mots. Elle vivait en chaque partie de son corps et parvenait à les animer d’une énergie mystérieuse. J’étais restée là, assise devant la place, le regard fixe vers cet homme qui dansait silencieusement. Parvenant à peine bouger consciemment, même mes idées semblaient incontrôlables et désespérément  volatiles.

Durant un long moment, je crois même avoir cessé de penser. Hypnotisée par ce corps, quelque chose remuait en moi sans que je ne puisse comprendre ce que c’était.

J’ai cherché comme une folle la source de cette force, et finalement, je me suis dit que si l’esprit ne se montrait pas, c’était parce que je le cherchais précisément. C’est quand je me suis laissée emporter par son voyage intérieur que j’ai perçu l’Energie. Puissante, d’un vert d’eau embrasé par un rouge flamboyant, Elle se mouvait avec la même grâce que lui. Tantôt chaude et bouillonnante, elle se reposait parfois, pour éclater à nouveau en vague océanique. Personne n’entendait sa musique, qu’il écoutait et suivait passionnément avec un casque.

Honnêtement, je ne pensais même pas au son qui pouvait accompagner cette danse. 

Ce que je voyais et ressentais suffisait amplement.

 

Il y avait ce gars, sur la place de l’Hôtel de Ville, qui se mouvait dans une sorte de danse contemporaine improvisée, un casque d’écoute léger sur les oreilles. Parfois, il s’arrêtait de danser pour faire des mouvements de Tai Qi, que je reconnaissais par moment (les figures étaient présentes dans la Forme Yang en 24 mouvements, mais ce n’était pas exactement celle-ci), d’autres fois, c’était pour aller boire un peu d’eau à la fontaine, ou pour parler avec des passants. Il indique quelque chose à une jeune fille, j’entends la voix féminine de loin, mais je ne connaîtrai jamais son propre son. Il sourit à une petite fille qui le regarde. Il continue de danser malgré les bruits de l’extérieur et les passants qui ne le voient pas ou s’arrêtent quelques secondes. Cet état ne m’est pas inconnu. Tout en conscience, il fait partie du monde. Jamais perturbé dans ses mouvements, il interagit quand il le veut avec l’extérieur, et n’est jamais dé(con)centré. Je l’aime bien. J’en ai un coup de foudre. Il est paisible, son sourire est sincère, et lorsqu’il fait ses mouvements dans ma direction, je sens comme des vagues d’énergie voler vers moi. Sa danse est touchante, je ferme les yeux. Il est pieds nus, et n’a pas honte de sa présence insolite ici. J’aime ses pieds. Ils frottent, frôlent, tapent le sol, et j’écoute leur valse avec délice. Moi qui ai toujours du mal à apprécier cette partie des corps, je n’arrive à m’en détacher qu’en regardant ses jambes, son torse, ses bras, ses mains, et puis, tout. Pour la première fois, j’aime un corps physique en entier, et alors, son aura m’apparaît. Ce bleu mer et ce rouge feu se mêlent et se démêlent avec tendresse et passion au rythme de sa danse. Grande, majestueuse et imposante, elle ne m’impressionne que par sa beauté, et c’est comme si je la reconnaissais. Elle ne m’intrigue pas, mais me fascine. Soudain, le déblocage. Le premier mot frappe à ma porte, je m’empresse de poser mon stylo sur le papier, et le laisse glisser dessus. Oui, j’en suis tombée amoureuse dans le plus beau silence de la Terre.

The power of thoughts.

[My little brother ❤ .

If the wood is a thought, the river is Life answering to it.

Make good waves with good wood !]

Last week, I went to my favourite bookstore in Paris. Well, it’s not like it was a great piece of news, because almost everytime I go to Paris, I take a look at the new arrival of books in this shop. It’s between the Cathedrale and Saint Michel, and I love this area of the city. There is something in the air (don’t say « pollution », really, please…), that makes me feel relax. I start from the town hall, then I pass by Notre-Dame, enter in the bookshop, go out of it a hour later, walk by the Seine, lose myself in the little streets, find pretty little art galleries, and take the subway at the Luxembourg park if I’m lost enough to arrive there. I can spend a whole afternoon just walking and exploring the town. The more I know it, Paris seems to be bigger and bigger. That’s quite convenient as I don’t like it when I can’t discover places anymore. I think I have time until I’ve seen every street in Paris !

So, I was talking about that bookstore I love. It’s an « esoteric » one, with a few themes as Angels, Tarot, Wicca, Meditation, Astrology, Channelling, and so on, but there are a lot of personal development books. You can find what you need to read to become more confident, more persuasive, more « powerful »… I usually pick up some meditation stuffs and some of these last ones. The book I bought the other week is written by an american woman (I’ll remember her name and put it here, don’t cry !). Her writing skills are quite impressive ! In fact, the thing is that she doesn’t write that well, but that when you read it, you’re immediately in a sort of auto-hypnosis state. You don’t really think about what you’re reading, and the substance doesn’t reach your brain, but when you close the book for any reason, you realize something has changed in you. This book doesn’t speak to you, but to something that is even deeper than your thoughts. And, actually, it talks about the power of thoughts. I’ll give you a coarse description, but nevertheless an acurate one : It says that whatever you think and say will one day or another become real. So, if you think you’re not capable of something, or don’t deserve any good event, what will happen is that you will unconsciously stop yourself, and ruin all your chances to earn or win anything ! The great news is that the contrary is also right : if you think you can do it, and that you deserve that something good happens to you, it will ! People who are rich, successful, live in a real Abundance of everything have this richness, successfulness, abundance in their mind all the time.

She says that if you say some affirmations with conviction and faith, these ones will be effective. « I have a great luck today ! » « Something good will happen to me today, in a suprising way ! ». Those are affirmations that will give you the happiness you need to see this luck coming. Well, for the worst, if (a big « IF ») nothing happens, at least, you had a big smile on your face all day long, and that, my dear, makes you feel better, and it’s something very precious ! As far as I’m concerned, since I began to read this book, I feel more comfortable in my everyday life, I am less anxious, and my confidence pleased the people I met these last days ! A lot of surprising good, little and big, things happened in a few days, and I couldn’t hope for more for Easter ! Work, inspiration, friendship, personal development, every side of my life has been touched by my confidence in it.

In fact, I discovered the power of thoughts a few years ago. I was a little shy teenager who didn’t like herself. Especially her body. I was « too fat, my skin was awful, I had terrible legs and my face was sooo unpretty ! » And, one day, I really don’t know what happened, what came to my mind, but I remember I started to look at me in the mirror, and just, smile at me. Days passed, and I started to say to myself « I’m pretty ! » « Look at this gorgeous face ! » « You’re beautiful, b*tch ! » « I’m so happy to have this wonderful body ! ». I really looked at my body parts with a new judgement in mind. And, I guessed I believed me. I put a lot of efforts in that, and every year, I see a difference in my relationship with people and myself. This year, I took even more confidence. Whereas in middleschool, I thought I was ugly and the boys didn’t pay attention to me, or only made jokes on me, now, 6 years later, I never heard so many people saying I’m pretty, or giving me their number, I never talked so easily and confidently to anyone, I hesitate so much less talking to strangers, asking someone my way or help, and even ask if they need some. I’ve come a long way since middleschool, and I’m proud of myself. I still have a lot to improve. I still have this shy girl in me, but I work really hard not to be limited by her. I make my best to become the person I want to be. And the more I think positively, the more good things come to me.

Think positive, positive people are attracted by positive people !

This Easter week-end was so good, I have a lot of Love to spread ! Take it and give it to everyone you know ! \o/

Love to everyone, even YOU. ❤